Lire les poinçons d'un bijou en or

Les poinçons sont la carte d’identité d’un bijou en or. Ces minuscules marques frappées dans le métal disent quel est son titre, qui l’a fabriqué ou importé, et parfois à quelle époque. Savoir les repérer et les lire permet de distinguer l’or massif du plaqué, d’estimer la valeur d’un bijou hérité et d’acheter en confiance.
Un système ancien
La France poinçonne les ouvrages en métaux précieux depuis le Moyen Âge. Le principe n’a pas changé : l’État garantit au consommateur que l’objet contient bien la quantité d’or ou d’argent annoncée. Le contrôle est aujourd’hui assuré par le service de la garantie, rattaché à l’administration des douanes, ou sous sa surveillance.
Un bijou en or vendu en France porte, en principe, deux poinçons : le poinçon de titre, ou de garantie, et le poinçon de maître ou de responsabilité.
Le poinçon de titre
Il indique la teneur en or de l’alliage. En France, chaque titre légal a son symbole.
| Titre | Millièmes | Poinçon français |
|---|---|---|
| 18 carats | 750 | tête d’aigle |
| 14 carats | 585 | coquille Saint-Jacques |
| 9 carats | 375 | trèfle |
L’or 18 carats, le plus courant en France, se reconnaît donc à sa tête d’aigle, vue de profil. Sur les ouvrages anciens, d’autres symboles ont été utilisés au fil des époques, comme le coq sous la Révolution et l’Empire ; la tête de Minerve, elle, reste le poinçon de l’argent. Leur lecture relève alors de l’expertise.
Sur les bijoux fabriqués à l’étranger, on trouve souvent des chiffres à la place des symboles : 375, 585, 750, 916, 999, parfois accompagnés de la mention « K » (9K, 14K, 18K). Ces marques indiquent le titre déclaré par le fabricant ; selon le pays, elles sont ou non garanties par un organisme officiel.
Le poinçon de maître
Il identifie le fabricant ou l’importateur responsable du bijou. En France, il a la forme d’un losange contenant les initiales ou le symbole du professionnel. Il permet de remonter jusqu’à celui qui a mis le bijou sur le marché.
Où chercher les poinçons ?
Les poinçons sont souvent minuscules : une loupe de bijoutier (grossissement 10 fois) est presque indispensable. Ils se trouvent en général :
- sur une bague : à l’intérieur de l’anneau ;
- sur une chaîne ou un collier : sur le fermoir, sur l’anneau qui le suit ou sur une petite plaquette ;
- sur un bracelet : près du fermoir ;
- sur des boucles d’oreilles : sur la tige, le poussoir ou le crochet ;
- sur un pendentif : sur la bélière ou au dos ;
- sur une broche : au dos, près de l’épingle.
Que faire si l’on ne trouve pas de poinçon ?
L’absence de poinçon ne signifie pas toujours que le bijou est faux. Le poinçon peut s’être effacé avec l’usure, notamment à l’intérieur des bagues portées pendant des décennies. Certains très petits bijoux en sont dispensés en raison de leur poids. Un bijou ancien fabriqué artisanalement peut aussi en être dépourvu.
Dans ce cas, seul un test permet de connaître le titre : test à la pierre de touche et aux acides, mené par un professionnel, ou analyse par fluorescence X, qui n’abîme pas le bijou.
Les marques qui ne sont pas des poinçons d’or
Certaines inscriptions peuvent tromper :
- « GP », « GF », « RGP » : ces abréviations anglaises désignent des bijoux plaqués ou laminés or (gold plated, gold filled, rolled gold plate), pas de l’or massif.
- « Plaqué or » ou « doublé » : le bijou n’est recouvert que d’une couche d’or.
- Un chiffre seul comme « 925 » : c’est le titre de l’argent massif. Un bijou doré portant « 925 » est de l’argent recouvert d’or, appelé vermeil.
Les poinçons et la revente
Au moment de revendre un bijou, le professionnel commence presque toujours par chercher les poinçons. Un poinçon de titre lisible accélère l’évaluation. En l’absence de poinçon, il procédera à un test avant de faire une offre. Dans tous les cas, le prix de rachat se calcule à partir du poids d’or fin contenu dans le bijou, c’est-à-dire de son poids total multiplié par son titre.



